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Antoine de Bary est né le 11 septembre
1936, aux Bordes-sur-Arize, dans l'Ariège.
Il poursuit des études primaires et secondaires dans
différentes villes, dont Tananarive, où il passe
deux années et où lui vient l'idée de
devenir peintre (13 ans).
Plus tard, dans une pension en Normandie, il se livre au sport
de compétition et rencontre un professeur de dessin
qui l'oriente définitivement vers une carrière
artistique et c'est à ce moment-là qu'il décide
de suivre les cours d'une école d'art.
En 1956, il rentre à l'École nationale des Arts
décoratifs à Paris, et en 1960, dans l'atelier
Gromaire, malheureusement pour très peu de temps, car
il part faire son service militaire, en France et en Algérie,
jusqu'en 1962.
Entre-temps, en 1957, il s'est marié avec Marie-Odile
qui lui donnera deux filles, Pauline et Isabel.
En 1965, il rencontre Jean-Luc Perrot, qui l'initie au travail
du verre émaillé aux usines Boussois.
En 1966, il rencontre Philip Martin, qui préface son
exposition à la Galerie Kontackt à Anvers, en
1967, et avec qui il exposera dans plusieurs galeries françaises
et étrangères.
En 1973, il quitte Paris pour s'installer en Bourgogne, à
Chaudenay. Il rencontre l'écomusée du Creusot
et débute son travail de sculpteur/assembleur avec
les modèles de fonderie de Creusot-Loire.
En 1974, il réalise Le Film du Cinéma
qui engendrera deux expositions multimédia et le projet
des Mâts pour des oasis.
À partir de 1976, dans la poursuite de son travail
personnel, après la découverte de fiches d'identité
de travailleurs marocains, arrivés en France vers 1939,
il décide de ne plus exposer dans les galeries et de
créer des expositions environnementales sur des faits
de société, en réalisant des expositions
multimédia qui circuleront en France et à l'étranger.
La première exposition La Rupture est consacrée
à l'immigration. La seconde, Le Diable Blanc avec
le soleil du dernier terrain vague traite du paradoxe
risque = sécurité.
À partir de 1988, après une exposition personnelle
au Mali et la rencontre d'Alpha Oumar Konaré, ce sont
des mâts-totems qu'il plantera à travers
le monde. Mâts symboliques et signaux d'un rassemblement.
Ce travail a concerné le Mali, le Québec et
l'Espagne. Sont en projets des mâts en Allemagne, en
France et en Pologne.
En 1996, il se réinstalle temporairement à Paris.
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Expositions
individuelles :
1962, Club des Poètes, Paris
1963, Maison de la Culture, Paris 2,e
1966, Galerie Lesperut, Marseille, texte
de Jacques Lassaigne ; Galerie Larmitière,
Rouen ; Galerie Zodiaque Genève
1967, Galerie L'Entre-monde, Paris, texte
de Jacques Lassaigne ; Galerie Kontackt,
Anvers, texte de Philip Martin ; Galerie 5,
Genève ; Galerie Maya, Bruxelles
1968, Galerie del Cavalino, Venise, texte
d'Hubert Juin; Galerie Kon-tackt, Anvers
1969; Galerie Kontackt, Anvers ; Galerie
Bettie Thomen, Bâle
1970, C.E.D.B., Strasbourg, texte de François
Mathey ; Galerie Beno, Zurich -1972 ; Galerie
Sada, Nîmes
1973, Galerie Frédéric Bazille,
Montpellier, texte de Georges Desmouliez ; Galerie
Annick Lemoine, Paris
1975, Galerie municipale, Saint-Laurent-du-Jura
1979, Maison de la Culture de Chalon-sur-Saône,
exposition organisée par Christian Besson
1981, Musée Niepce, Kotipatik,
Chalon-sur-Saône, texte de Paul Jay et, Galerie
Aréna, dans le cadre des Rencontres internationales
de la photographie, Arles
1987, L'ARC, Le Creusot, Les boîtes
à mémoire, texte de Christian Bobin
1988, Écomusée, Un artiste,
un musée, Fresnes, texte de Pierre Gaudibert
1991, Écomusée, Savigny-le-Temple,
Fenêtres sur...
1992, Galerie Écart, Paris, Des
mâts pour des oasis
1996, École spéciale d'Architecture,
Paris
1997, Cité internationale des Arts,
Paris, Usines Bertheau, Ivry-sur-Seine.
"Pour celui qui visite volontiers
les ateliers des jeunes artistes, curieux de savoir
ce que prépare l'avenir, c'est une joie bien
rare de découvrir une oeuvre authentique. Il
est normal de rencontrer, chez des artistes qui se cherchent,
des influences, des hantises, des gaucheries; cela ne
réussit pas à masquer les traits d'une
personnalité véritable... Je crois en
la générosité de la peinture. L'oeuvre
d'Antoine de Bary est une affirmation."
Jacques Lassaigne
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"Antoine
de Bary est un peintre réaliste et lyrique et non
un métreur de la réalité. Et nous
le savons bien, tout cela, lorsque nous suivons, de toile
en toile, les propositions de ce grand rythme courbe qui
enserre et, dans le même temps, libère le
tableau. Ce rythme, comme du bras qui, d'un geste, perdrait
mesure de l'espace vierge, puis convoquerait les maisons
et les sapins, la neige et les torrents, les montagnes
et l'onde, ce rythme, on le voit à merveille, c'est
la poétique du peintre."
Hubert Juin |
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Collections
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OEuvres dans des collections privées et publiques
françaises et étrangères : Israël,
Suisse, Belgique, Italie, Canada, États-Unis, Israël,
Mali, Allemagne, Espagne, Japon, etc.
"Déjà
le cercle apparaissait ou se laissait deviner dans certaines
toiles. Mais un cercle très vaste et un peu flou
et de couleurs diverses, une sorte de grande rosace
de cathédrale, dans quoi le regard flottait et
se laissait bercer. Maintenant, le cercle figure dans
toutes les toiles, net et monochrome, petit comme un
point lointain, comme l'étoile des bergers et
des mages, vers quoi le regard se lève et voudrait
bien aller. "
Georges Desmouliez
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Expositions
individuelles multimédia :
1976
- 1978, Le film du cinéma
Conception d'un photomontage pour le mur d'un cinéma
à La Foux d'Allos, architecte Gérard Thurnauer
- Édition du livre Le film du cinéma
par l'INA et les Éditions Hier et Demain - Conception
d'un photomontage pour nu mur du Forum des Halles à
Paris - Exposition des collages originaux sur l'histoire du
cinéma (photomontage) au Centre Georges Pompidou à
Paris, à Montbéliard, Avignon, Lyon, Lille,
etc. - Acquisition des collages originaux par la Bibliothèque
nationale de Paris grâce à une aide de la Mesnil
Foundation et des banques françaises.
1982
- 1985, La Rupture
Exposition itinérante, sur le phénomène
humain de l'immigration, conçue sous une forme environnementale
et présentée à Paris, Lyon, Montbéliard,
Amiens, Évreux, Utrecht, Niort, Le Vaudreuil, Bourges,
Dreux, Poitiers, Chalon-sur-Saône...
1985
- 1986, Le Diable Blanc avec le soleil du dernier terrain
vague
Exposition itinérante, en hommage à un funambule,
conçue comme une grande sculpture et traitant du paradoxe
Risque = Sécurité, présentée à
Marne-la-Vallée, Arc-et-Senans, Mâcon...
1990
-.. ., Des Mâts pour des Oasis,
projet ayant obtenu le label de la décennie
culturelle de l'UNESCO et le soutien de la D.A.P.
À partir d'un travail personnel, établissement
d'un dialogue Sud-Nord au Mali et au Québec, qui engage
des artistes de ces deux pays dans des expositions, des rencontres,
des éditions de livres-objets et (les réalisations
de films - Les villes concernées ont été
: Bamako au Mali, Saint-Hilaire-de-Dorset au Québec,
Molinos en Espagne - En projet trois mâts pour 1996-1997
: en Allemagne, à Brème, en Bourgogne, à
Ouroux-en-Morvan, en Pologne, à Cracovie.
"Il
n'empêche qu'à travers toutes les toiles
que je connais, qu'elles soient petites ou grandes,
elles ont toutes un message très particulier.
Dans chacune de vos peintures cloisonnées telles
qu'elles sont cloisonnées, faites d'imbrications
de couleur et de formes, on a le sentiment qu'elles
cherchent à créer un univers... Je vois
à la fois dans votre peinture quelque chose qui
ressemble à des tapas, je retrouve Matisse,
je retrouve des tissus hindous, tout un monde historique,
culturel. "
François Mathey
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"Voici
une écriture utile, sans motif esthétique,
sans réponse aux formes établies de l'art,
née d'une expérience authentique, valable,
libre, mais en union spirituelle avec la plus pure tradition.
Est-ce possible encore pour nous d'être émerveillés,
de nous détacher de nos idées préconçues,
de notre volonté de nommer, de reléguer
à nouveau à une catégorie donnée,
avant que nous ne puissions librement observer, et écouter
une voix qui nous appelle vers l'innocence et vers les
champs non foulés où l'Amour engendre chaque
événement ?"
Philip Martin
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Expositions de groupe
(principales) :
1965 : Biennale de Paris
1966 : galerie Zodiaque, Genève ; galerie
5, Genève ; galerie La Peau de l'Ours, Aix-en-Provence
1967 : Biennale de Merignac ; galerie Kontackt,
Anvers
1968 : Biennale de SaoPaolo, Argentine ; première
Foire d'art contemporain, Bruxelles ; galerie Kontackt, Anvers
1969 : biennale de Merignac ; galerie Kontackt,
Anvers ; galerie Pauli, Lausanne ; Mostra d'arte moderna, Camaiore
1971 : Salon de la Jeune Sculpture, Paris
1972 : participation à un symposium de peinture
en Macédoine (Yougoslavie)
1973 : Salon des Réalités Nouvelles,
Évry
1974 : Sous couleur de... exposition itinérante
du C.R.A.C.A.P. ; galerie Kontackt, Anvers
1976 : Arc 2, Paris
1978 : Vous avez dit baleine, Maison de
la Culture de Chalon-sur-Saône
1980 : Travaux sur papier, Villeparisis
1982 : Vachement Beau, musée de
Dôle
1985 : Dessins en utopie, Maison de la
Culture d'Amiens
1985 : Autoportrait, FR3, Lyon
1994-1996 : Erratum musical, Brème, Hanovre...
1993-1996 : Saga, Paris.
"On prend
des photographies. On «tire» un portrait. Ou encore
on « mitraille ». Il y avait autrefois, pour faire
délicieusement peur des « canons » à
ferrotypes. La photographie est agressive... Antoine de Bary
a donné forme, dans la douceur polie du bois à
cette violence et à cette indiscrétion... Il
crée moins des appareils que des « armes »
photographiques."
Paul Jay
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"Agressé
de toutes parts, Antoine de Bary est littéralement possédé
de désespoir et d'une violence de révolte. Mais
c'est l'envers de sa folle joie d'être et de créer
qu'il voudrait paradoxalement nous communiquer en nous faisant
cheminer avec lui dans cette traversée labyrinthique
de l'Enfer. De toute cette alchimie créatrice, il est
né une oeuvre où, en résonance fraternelle
avec Vostel et Louise Nevelson, il a inventé des solutions
plastiques personnelles pour allier à la fois un expressionnisme
radical et une poétique architecturée"
Pierre Gaudibert
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Interventions architecturales :
Verrières à la chapelle de l'Enfance
à Nanterre, architecte Philippe Verrey
Verres émaillés pour deux entrées
d'immeuble à Gargesles-Gonesses, architecte Pierre-Paul Heckly
Sculptures monumentales à Saint-Cyprien,
architecte Gérard Thurnauer
Sculpture pour l'agence Gilles Barbey à
Lausanne
Tenture murale à Auchel (1996)
Murs peints à Mâcon, Chaudenay, Strumica
- Photomontages à Pierre-de-Bresse, Paris, Saint-Nazaire,
SaintViâtre, Argenton-sur-Creuse
Éclairages publiques à Chalon-surSaône
Allèges en béton moulé à
Longumeau (1 %), architecte Pierre Joly
Sculpture-signal pour le musée de la Machine
agricole à Ambert.
Décor de spectacle :
Commande de la D.A.P, ministère de la Culture, d'un décor
pour le G.R.C.O.P.
Opéra de Paris : chorégraphie de Claude Brumachon,
Féline, présentée au Centre Gorges
Pompidou à Paris et à l'Opéra de Nantes.
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Interventions scénographiques
ou muséographiques :
Environnement pour l'exposition Patrimoine
industriel, conçue par Eva Parson du Rikjtutsallingar
de Stockholm (1978)
Dessins à la mine de plomb et au fusain
(3 x 2 m) pour deux expositions du musée de Saint-Nazaire,
Les métiers de la mer et Saint-Nazaire port
de guerre (1984)
Conception d'une séquence de l'exposition
Les jeunes issus de l'immigration pour le C.C.I. au Centre
Georges Pompidou à Paris (1985)
Photomontages pour : l'Écomusée de
la Bresse bourguignonne (1981), l'Écomusée du Creusot
(1980)
Le musée des Arts et Traditions populaires de Paris, exposition
Liens de Famille (1990), la Maison de l'Étang en
Sologne (1992), le musée de la Chemiserie et de l'Élégance
masculine d'Argenton-sur-Creuse (1993)
Conception de l'exposition Muso Kunda
à Bamako, Mali, pour la Fondation Partage et mise en page
du catalogue (1995).
"Quand il
n'est pas en Bourgogne, c'est qu'il parcourt l'Afrique dans
le sens inverse du Paris-Dakar, sans assistance technique,
mais avec sa formidable logistique poétique, cela fait
moins de ravages dans le paysage, même si cela laboure
le coeur. Quand il n'est plus en France, c'est qu'il traverse
l'Atlantique, et quand il semble n'être plus nulle part,
c'est qu'il fouille en lui-même pour tenter de comprendre
un petit peu quelque chose de l'autre, de tous les autres,
du monde en mouvement et de l'homme en mouvement dans le monde."
Pierre Bongiovani
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"Antoine
de Bary a erré ici et là. Il a traîné
dans la ville, il a traîné dans sa tête.
Dans la ville, il a découvert ces boîtes vides.
Elles servent à exposer des papillons. Il en a acheté
une série, sans savoir. Dans sa tête, il a trouve
des images, des lambeaux de mémoire. Il les a disposés
au fond des boîtes. Ce sont des papillons de la vie ordinaire,
ce sont des éphémères : une rose pour l'amour,
un ticket pour le train, un nom pour l'absence : Jean Genet.
C'est le nom d'un poète, d'un artiste... Pour Antoine
de Bary, les choses n'ont pas de prix. Elles ont une histoire,
une forme, des couleurs. Il joue avec elles. Il s'amuse avec
des restes de chaque jour, avec les miettes sous la table...
Il y a dans son atelier des dessins d'une clarté merveilleuse...
Des simples traits de couleur, sur un papier fin. Une ondée
de lumière sur du papier à musique. C'est au seuil
de cette clarté que s'empilent toutes ces boîtes
noires. Et c'est bien ainsi. Tout est bien comme ça,
dans l'ordre : le noir avant le jour. Mourir avant de naître.
"
Christian Bobin
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Éditions :
Éd. Guy Schraenen, Anvers, Belgique : Marie-Odile
(1973) - Livre objet et carte postale (1974) - Axe
(1975) - Mis sous enveloppe le 14 juillet 1977, Colle X
ion (1977)
Éd. Hier et Demain et INA, Paris : Le
film du cinéma, 1978 - textes de Claude-Michel Cluny
et Jean-Paul Morel
Éd. Marie-Cornet, France, 1979 - 1981 :
Le temps qu'il fait - Lettres d'amour - Essuie-plume
sergent-major Bokassa - Six informations prises dans une
souricière - L'effet miroir
Éd. l'ARC, Le Creusot, France : La rupture,
1982, textes de Jean Genet, Tahar Ben Jelloun, Serge Moscovici,
Abdelatif Laabi...
Éd. Lieux Publics, Le
diable blanc avec le soleil du dernier terrain vague, 1985
- textes de Philippe Petit, Gilbert Lascault, Professeur Jean-Paul
Binet...
Éd. l'URDLA, Glenn
Gould, livre en lithographies, 1990, Multitude et partition,
4 lithographies, 1993
L'Occitane, L'or des femmes,
affiche/collage, 1993
Éd. Visages, Des mâts
pour des oasis, Bamako 1992, Saint-Hilairede-Dorset 1993, Molinos
1995...
Prix :
Prix Charles Pacquement en 1966.
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