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«
Une penséeet l’immensité est emplie »
- William Blake
in Le mariage du ciel et de l’enfer
Une
nouvelle façon de se rencontrer entre le public et
la création artistique :
voilà
ce que propose Antoine de Bary en offrant ses oeuvres à
des lieux publics
Musée
: lieu où sont conservés, exposés, mis
en valeur des collections d’oeuvres d’intérêt
culturel ou scientifique.
Le projet d’Antoine de Bary, artiste installé
à Chaudenay depuis 30 ans et à l’heure
où il quitte la Bourgogne est de faire éclater
les murs d’un tel lieu et de faire de la Bourgogne tout
entière un musée.
Pour ce faire il offre toutes ses oeuvres à des lieux
publics, c’est-à-dire des endroits où
un large public passe, s’arrête un instant, attend
son tour, revient.Pourquoi une telle idée ?Parce que
les musées sont remplis d’oeuvres, y compris
dans leurs réserves.
Parce qu’à l’inverse, il est très
rare de trouver dans des lieux publics des oeuvres originales
contemporaines.Parce que le public particulier des connaisseurs
finit par s’ennuyer en regardant toujours les mêmes
oeuvres au même endroit accrochées aux mêmes
cimaises.
Parce que plutôt que d’attendre que le public
fasse la démarche d’aller à la rencontre
de l’art il est sans doute préférable
de mettre l’art sur son chemin.
Qu’est-ce que
c’est ?
Le « Musée-Hors-Les-Murs » comme
son nom l’indique n’est pas enfermé dans
un lieu unique.
Il propose un nouvel accrochage, un nouvel échange,
une nouvelle circulation du regard et du coeur sur toutes
les oeuvres jamais vues qui se trouvent soit dans les caves
des Musées, soit au plus secret encore dans l’atelier
personnel de l’artiste.
Le « Musée-Hors-Les-Murs » entend devenir
« la porte amicale qui permettra au plus grand nombre
de pénétrer dans les temples du merveilleux
et de la délectation. »
« Une pensée et l’immensité est
emplie » écrit William Blake dans « le
mariage du ciel et de l’enfer ». « Un tableau
ici ou là, à tel ou tel moment, peut transformer
une vie » complète Antoine.
Le « Musée-Hors-Les-Murs » s’étend
donc à la dimension de la Bourgogne et dans divers
lieux publics aussi divers que mairies, établissements
scolaires, hôpitaux, postes, gares et même, l’artiste
en a fait le projet, les prisons et maisons d’arrêt.
Il est pour l’heure composé des oeuvres que de
Bary a données, mais le rêve de l’artiste
est de faire école. De susciter chez d’autres
artistes, d’autres créateurs cette envie de donner
et de partager leur oeuvre, en Bourgogne et dans d’autres
régions.
Comment ça marche
?
Le Musée est organisé autour d’une
association loi de 1901 « Les amis du Musée ».
Cette association assume un travail de mise en circulation
et d’échange des oeuvres d’un lieu à
l’autre. Car parmi les souhaits — et même
les exigences - de l’artiste la circulation des oeuvres
est essentielle. « Il faut absolument qu’une fois
ou deux par an peut-être tout ce qui est en place puisse
changer de lieu pour que le public ait à voir, à
rencontrer
de nouvelles choses. Que l’oeuvre originale ne devienne
pas un objet de décoration comme un autre, qu’on
oublie après l’avoir mis et qu’on finit
par ne même plus voir. Ce serait la négation
du projet si on en arrivait là. »
L’association doit aussi « faire vivre »
tout cela par des éditions, des colloques, des rencontres
; Animée par une volonté de travail pédagogique,
elle doit « travailler en concertation des uns avec
les autres, des uns pour les autres. »
Transformer les rapports entre l’art et les gens, ouvrir
une voie de création à la vie de tous les jours
voilà ce que veut être ce « Musée-Hors-Les-Murs
» qu’on peut découvrir dans ces pages et
bien sûr à travers toute la région.
J.-L. Cottier
- 12 Janvier 2003
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La
place du silence : un lieu de méditation
Antoine qui n’en est pas à une surprise
près a même peint… « le silence »
Après
avoir donné toutes ses oeuvres à des lieux publics,
Antoine de Bary a déjà prévu ce que serait
la touche
finale du « Musée-Hors-Les-Murs » : ce
sera « la place du silence », « un espace
privilégié de silence et de méditation
comme peuvent l’être les Hermitages des Chrétiens
ou les « Solitudes » des Orthodoxes. »
Il a réalisé pour ce lieu 13 tableaux de 3
mètres de haut sur 1,86 m de large, un ensemble qu’il
a mis 21 ans à réaliser. Un temps énorme,
la durée d’une génération, l’oeuvre
de toute une vie « parce qu’il voulait être
sûr que c’était bien cela le silence, celui
qui réveille l’âme en solidarité
avec le reste du monde, pour pouvoir donner à cet ensemble
la lumière indicible des battements du coeur. »
L’ensemble est bien sûr indissociable et il s’est
promis de le donner à une commune de Bourgogne pour
que celle-ci les dispose dans un abri de forme octogonale,
situé dans un espace naturel, voire sauvage, à
la croisée de chemins de randonnée.
Et il saura très vite où cet octogone sera installé
peut-être tout simplement et très logiquement,
dans sa commune d’adoption : Chaudenay.
La forme de l’octogone est apparue évidente
à Antoine lorsqu’il a commencé les premières
esquisses de la maquette.
Pour des raisons pratiques d’abord : pour accrocher
deux à deux sur six côtés les douze tableaux
gris, sur le septième côté, solitaire,
le tableau blanc, la huitième sera tout simplement
la porte d’entrée.
Mais il y a aussi une raison qu’on appellera «
spirituelle » et qui est liée à l’oeuvre
chagnotine de Richard Serra « octogone for Saint-Eloi
», roman qui lors de sa création l’a immédiatement
séduit.
Au centre de l’octogone sera placée une sculpture
en fonte, de forme circulaire, faite à partir des modèles
de fonderie du Creusot sur lesquels l’artiste avait
créé de nombreux projets qui voulaient à
la fois être des objets de création et des lieux
de mémoire d’un passé industriel.
« Ce sera une sorte de table encombrée d’objets
: le vide poche, le vide idée, où sera déposé
tout ce qui pourrait encombrer le silence. Alors pourra commencer
la réflexion sur le Qui le Quoi et le Comment. »
Cette place du silence est l’ancrage du « Musée-Hors-Les-Murs
» et le site Internet qui sera ensuite créé
reprendra comme image principale cet octogone vu du haut ce
qui laissera apparaître les 13 tableaux qui seront chacun
une porte d’entrée possible.
Et ce site Internet sera, dans le cadre des mâts (voir
page 6) une sorte de mât virtuel qui serait composé
à partir des messages qui arriveront dans la boîte
e-mail.
Et peut-être le tout sera-t-il couronné par l’édition
d’un livre d’art résumant l’ensemble
de l’oeuvre du « Musée-Hors-Les-Murs ».
J.-L.C
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Vous
avez dit « hors-les-murs » ?
« Dieu est la sphère infinie dontle
centre est partoutet la circonférence nulle part. »
- Livre des XXIV Philosophes
Bien de l’eau a coulé
sous les ponts, et notamment du Tibre, depuis qu’au
IVè siècle on décida à Rome d’édifier
une basilique sur l’emplacement de la tombe de saint
Paul et à sa gloire.
La première basilique « extra muros »,
hors-les-murs, pour la distinguer de la basilique «
intra muros » (aujourd’hui basilique du Vatican),
dédiée, elle, à son alter ego, saint
Pierre. L’expression a fait fortune, et renvoie aujourd’hui
plus qu’à un simple déplacement géographique,
mais à toute situation hors cadre, hors le jeu des
conventions, hors-la-loi communément admise.
À parcourir l’itinéraire suivi par Antoine
de Bary, on ne s’étonnera pas que ce peintre
qui décida un jour de sortir des limites étroites
de son atelier pour se lancer dans des expériences
d’intervention sociale, et qui se définit même
aujourd’hui comme « artiste-voyageur »,
avec son projet d’implantation de mâts à
travers la surface de notre planète, on ne s’étonnera
donc pas qu’il conçoive, à un moment récapitulatif
de sa vie, un autre mode d’exposition de ses oeuvres.
Un « Musée-Hors-Les-Murs », c’est-à-dire
hors les lieux traditionnellement dévolus à
cette fonction, qu’ils soient publics – les musées
– ou privés – les galeries.
Et il ne s’agit pas seulement de « décentralisation
», selon le terme à la mode.
Il ne s’agit plus en effet, pour Antoine de Bary, de
faire entrer le public dans les temples ou sous-temples de
l’Art – méthode dirigiste, qui n’attend
qu’un public passif et n’a plus guère comme
seuls soucis que l’indice de fréquentation et
les rentrées dans le tiroir-caisse –, mais d’aller
à la conquête de ce public, dans tous ses lieux
de vie, quitte parfois à le provoquer, en tout cas
à l’interroger. Pour montrer, si besoin est encore
de le prouver, que l’Art ne saurait être détaché
de la Vie.
Qu’il en ait eu conscience ou pas, cette idée
de « Musée-Hors-Les-Murs » est le fruit
d’une maintenant longue histoire, dont nous ne rappellerons
ici que les grandes lignes.
1667 : Colbert institue le premier « Salon » historique
ouvert aux artistes vivants.
1818 : Louis XVIII fait de la Galerie du Luxembourg un «
musée destiné aux artistes vivants ».
1861 : en y faisant entrer les premiers artistes étrangers,
le conservateur Philippe de Chennevières confirme la
vocation du Luxembourg à être un « Palais
de l’Art contemporain ». Hélas, tout se
fait sous le contrôle de l’Académie des
Beaux-Arts, n’y entre pas qui veut – d’où
un fameux, mais éphémère « Salon
des refusés » en 1863 –, et il faudra attendre
1925, au moins pour résoudre le problème de
l’engorgement du Luxembourg, pour que naisse, à
l’initiative de la « Société (privée)
des Amateurs d’art et des Collectionneurs » présidée
par le Dr Tzanck, le projet de création d’un
véritable musée d’art moderne.
Projet qui ne verra son premier aboutissement qu’avec
la construction du Palais de Tokyo pour l’Exposition
universelle de 1937, mais ne sera proprement réalisé
qu’en 1947, date de l’inauguration officielle
du « musée national d’art moderne ».
On connaît la suite : en 1977, le M.N.A.M. est transféré
au Centre Georges Pompidou pour prendre le nom de «
musée d’art moderne et contemporain ».
Lequel, à son tour, aujourd’hui, sature…
Et non seulement nombre d’artistes vivants ne peuvent
y entrer, mais bien de ceux qui ont eu l’heur d’y
accéder dorment actuellement dans les réserves.
Le premier souhait d’Antoine de Bary serait déjà,
dans les deux sens du mot, que le musée (traditionnel)
sorte de ses réserves et brise ses propres murs.Le
projet d’Antoine de Bary s’inscrit par ailleurs
dans la filiation d’une deuxième histoire, qui
s’est développée, il faut bien le dire,
un peu chaotiquement, mais parallèlement à la
première.
Dans la dernière décennie du XIXe siècle
émerge un mouvement que l’on peut globalement
qualifier d’« art social », répondant
à la fois au désir des artistes de s’engager
dans la société et à celui plus général
des, nouvellement nommés, « intellectuels »
de faire accéder le Peuple à la culture.
Ne donnons ici que deux repères :
en 1896, le critique d’art Gustave Geffroy, dans la
mouvance des « universités populaires »
naissantes, se fait le promoteur du premier « Musée
du soir » ;
en 1904, le militant syndicaliste Louis Lumet rassemble, sous
le titre de « L’Art pour tous », les expériences
de son groupement, consistant en « conférences
» données à l’occasion de visites
de musées et d’ateliers de peintres, et par les
grands noms de la critique de l’époque.
La guerre mettra fin à ces expériences.
L’idée sera reprise dans la montée du
Front populaire, par Henry Poulaille, chef de file de la «
littérature prolétarienne », avec l’ouverture
d’un nouveau « Musée du soir » en
1935, anticipant d’un mois sur l’ouverture de
la première « Maison de la Culture » par
l’« Association des Artistes et Écrivains
révolutionnaires », sous l’obédience
du Parti communiste.
La guerre mettra à nouveau fin à ces innovations.
La convergence de ces deux histoires, la Libération
passée, aurait pu se faire, mais, comme le musée
d’art moderne montre ses limites, les « maisons
de la culture » instituées par André Malraux,
les diverses initiatives lancées depuis le ministère
de la Culture au cours des récentes décennies
(Fonds d’intervention culturelle, 1 %, Fonds régionaux
d’art contemporain…), même si originales
à travers le monde, et les opérations plus ou
moins privées (et réussies…) d’«
art dans la rue », ont montré leurs limites.Faute
de pouvoir à lui seul briser les murs, Antoine de Bary
s’emploie
à lancer l’idée de musées «
hors-les-murs ».
Pas seulement pour exposer ses oeuvres personnelles, mais
pour que le modèle soit démultiplié.
Solitaire, à l’image de son saint patron, mais
solidaire. Que tous les artistes vivants puissent par là
conquérir le public. Rappelons ici cette terrible phrase
dans la dernière lettre de Vincent Van Gogh à
l’intention de son frère Théo : «…
les choses sont fort tendues entre marchands d’artistes
morts et marchands d’artistes vivants.
Eh bien, mon travail à moi, j’y risque ma vie
».
Jean Paul Morel
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Un
lieu vivant que nous pourrons partager
En avant propos comme toujours il y a une
rencontre d’abord avec un homme qui par sa présence,
par son enthousiasme a envie de provoquer le dialogue, la
parole arrive avec le personnage, présente, envahissante,
envoûtante ; et puis un jour vous franchissez la porte,
invitée, accueillie vous découvrez l’oeuvre,
on se laisse aller au coeur des bois brûlés,
on est surpris par les toiles qui crient un monde, un être,
une musique répondant ou affirmant nos doutes et nos
questions.
Et puis peu importe finalement…, vous traversez sur
le tapis volant les continents, vous êtes en Sibérie
alors que vous pensiez être au Mali, puis vous repartez
en Espagne et enfin vous êtes revenu en Bourgogne ;
dans cette terre bercée de spiritualité où
les sentiers sont sources de poésie et où tant
de femmes et d’hommes ont inscrit l’Histoire et
les histoires.
Antoine de Bary nous invite à écrire une autre
histoire, sur les chemins des hommes il devient pèlerin.
L’Art doit sortir des murs. Le « Musée-Hors-Les-Murs
» prend forme et à Chalon nous allons nous y
employer.
À la suite d’Antoine de Bary nous espérons
que d’autres artistes auront envie de donner à
voir.
Dominique Perben a su impulser, faire confiance à
l’art à Chalon. Hors les murs, le Grand Album,
hors les murs Chalon dans la rue ; tout acte culturel est
un acte, d’ouverture, de (re) construction du lien social.
L’artiste à Chalon est soutenu (toujours insuffisamment
bien sûr pour certains mais toujours avec tant de foi),
les résidences se multiplient, les lieux culturels
ouvrent leurs portes.
Nous avons tous été émus voire bouleversés
par la rencontre avec un texte, une musique, une pièce
de théâtre «une oeuvre d’art «qui
marque à jamais notre âme d’enfant, notre
vie d’adulte, jardin secret de la rencontre, rencontre
fondatrice de notre devenir.
L’art peut nous changer mais aussi changer le regard
de la société sur elle-même.
Aujourd’hui plus que jamais, nous sommes invités
toutes et tous à participer au projet, sans notion
de chapelle, de ville, d’agglomération, c’est
l’ensemble d’un territoire qui est partie prenante
dans ce projet, c’est un département, c’est
une région ; tous ceux qui savent voir ou ceux qui
n’ont jamais vu nous entraînent pour que le «
Musée-Hors-Les-Murs » soit un lieu vivant qu’ensemble
nous pourrons partager.
Karine Delorme
Adjoint au maire de Chalon
déléguée à la Culture
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LYCÉE
MATHIAS CHALON
Le “Musée-Hors-Les-Murs”,
le Musée dans nos murs, étrange alchimie qui
fait qu’en voulant aller à la rencontre des autres,
l’oeuvre intègre a priori un univers clos : le
lycée. Toute la magie de la démarche d’Antoine
de Bary réside dans ce paradoxe qu’il crée
entre le dehors et le dedans.
Pour nous, il y a là plus qu’un symbole : l’affirmation
d’une politique éducative qui ne peut penser
l’acte d’éduquer sans ce passage constant
du dehors vers le dedans et du dedans vers le dehors. Le lycée
accueille et continuera d’accueillir régulièrement
des expositions et des artistes, mais avec l’installation
définitive de dix oeuvres d’Antoine de Bary,
le lycée inversement, ouvre ses portes sur l’extérieur
et rompt avec l’image d’un lieu clos.
Il se donne à voir, à son tour, car il ne peut
conserver pour lui seul le message d’une oeuvre…
Avec l’accueil du “Musée-Hors-Les-Murs”,
nous réalisons un vieux rêve : permettre à
chaque établissement de se doter d’un musée
permanent. Grâce à la générosité
des artistes entrant dans cette démarche, l’art
doit transcender le quotidien des lycéens, les habituer
à donner du sens, les conduire à voir le monde
avec un autre regard.
Placée sous le sourire du Tao la démarche d’Antoine
de Bary constitue une haute leçon de civisme. Après
avoir planté des mâts à travers le monde,
en associant à chaque fois la population à l’acte
créateur – dépôt d’objets
intimes au pied du mât – Antoine de Bary donne
une part importante de son oeuvre à la Bourgogne, en
sollicitant chaque institution à participer à
sa démarche, en offrant les surfaces nues et parfois
tristes que sont les murs d’une mairie, d’une
prison, d’un tribunal ou d’un lycée…
Cohérence ainsi réalisée aujourd’hui
d’une oeuvre dont le but déclaré était
dès 1970 « de créer des échanges
et des liens, de retrouver un espace où l’on
puisse se rencontrer… lutter contre toutes les barrières.
»
Désormais :
(tes) oeuvres solitaires
silencieuses secrètes
(tes) oeuvres vulnérables menacées
travaillées et assaillies
par des tensions et des forces
ne connaîtrons plus
aucun repos.
(d’après Charles Juillet Giacometti)
Reste un souhait pour conclure, que de nombreux autres artistes
entrent très vite dans cette démarche. Nous
leur offrons aussi nos murs. Ainsi, avec nous, ils construiront
le monde de demain.
C. Schrotzenberger
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CHAUDENAY
Au fil des ans, Antoine de Bary a su tisser
des liens très forts avec notre village et il eut été
regrettable que Chaudenay n’accueillît point quelques-unes
de ses oeuvres.
Chacun se souvient encore de sa sculpture intitulée
«Ouvéa» représentant un camion incrusté
dans un mur avec cette phrase "Les frontières
ne montent pas jusqu’au ciel".
De plus, cette idée généreuse de sortir
l’art du cadre convenu d’un musée pour
le placer dans des lieux de vie, à portée du
regard, de faire en sorte que l’art vienne au contact
du quotidien, notamment
du quotidien scolaire, ne pouvait que recevoir notre adhésion
totale et enthousiaste.
À ces deux bonnes raisons de participer à ce
«Musée-Hors-Les-Murs» vient s’ajouter
le fait, non négligeable, qu’Antoine de Bary
a beaucoup de talent et que ses oeuvres nous ont séduits.
Tout simplement.
Jean Poigeaud
Maire de Chaudenay
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SAINT-GERMAIN-DU-PLAIN
L’idée de pouvoir disposer d’une
oeuvre d’art, hors les murs d’un musée,
dans un lieu public est très séduisante.
Car il faut bien le dire, dans nos communes, où nos
moyens sont limités, les bâtiments publics et
nos Mairies en particulier sont un peu tristes et manquent
souvent de couleurs.
Une oeuvre d’art dans un lieu public est une oeuvre
vivante que tout le monde verra un jour ou l’autre.
Qui ne vient pas à la Mairie à un moment ou
un autre ? En sortant l’atelier de l’artiste et
en échappant à un musée qui est souvent
fréquenté par une élite, l’oeuvre
devient, ce pour quoi elle a été réalisée
: C’est-à-dire être vue et partagée.
Cela amènera discussions et échanges d’impressions.
J’invite tous les habitants de St-Germain-du-Plain
et les autres à venir découvrir le tableau monumental
de Monsieur Antoine de Bary qui se trouvera
dès la mi-janvier dans la montée de l’escalier
de la Mairie.
À noter que des oeuvres seront également présentées
au collège de Saint-Germain-du-Plain.
Un grand merci au Journal de Saône-et-Loire pour avoir
fait la promotion de cette idée du « Musée-Hors-Les-Murs
» et à Monsieur Antoine De Bary qui nous a offert
gracieusement ce tableau plein de couleurs et de gaîté
puisqu’il s’intitule «Marseille».
À vous de juger et d’admirer.
Alain Doulé
Maire de Saint-Germain-du-Plain
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OUROUX-EN-MORVAN
Il y a maintenant près de dix ans qu’entre
la commune d’Ouroux-en-Morvan et Antoine de Bary une
relation singulière s’est créée.
Une rencontre initiée par la direction régionale
des affaires culturelles qui pensait qu’Antoine de Bary
pourrait trouver un écho favorable à Ouroux
pour son projet « Des mâts pour des oasis ».
Ce fut le cas.
À Ouroux où depuis quelques années étaient
menées des actions culturelles originales et de qualité,
le projet d’Antoine de Bary confortait la démarche
engagée en rompant la relation créateur/public,
en impliquant la population et en s’adaptant à
son territoire d’accueil.
Nous avions à faire à un artiste qui ne travaille
pas que pour lui mais qui crée avec les autres dans
des territoires ou des lieux peu investis par les acteurs
culturels.Il en est résulté le «Mât
d’Ouroux», un des cinq mâts créés,
à l’heure actuelle, au Québec, en Allemagne,
en Espagne et au Mali, qui s’inscrivent dans l’opération
des « Mâts pour des oasis » labellisé
dans le cadre de « La décennie culturelle de
l’UNESCO ».
Antoine va vers les autres, en particulier vers les plus
simples, les plus humbles, hommes ou territoires, crée
des réseaux, favorise les échanges, suscite
les initiatives, donne de la considération, sait partager
et aide à s’affranchir des idées préconçues
et des conservatismes sclérosants.
C’est clairement dans cet esprit que s’inscrit
son nouveau projet de « Musée-Hors-Les-Murs ».
Favoriser l’accès à la culture, Ouvrir
l’art à tous afin d’aider à l’émancipation
des esprits.
Cela inspire son geste. Antoine de Bary est un « émancipateur
».
Lorsqu’il nous a offert de nous y associer, notre réponse
a été tout de suite favorable. La rénovation
de la salle du conseil municipal, en projet, offrait une occasion
de nous y impliquer de manière emblématique.Il
a fallu choisir une oeuvre ; c’est là que nous
avons été confrontés à une vraie
difficulté : trois séries de tableaux avaient
notre faveur. Trois visites sur place du conseil municipal
furent nécessaires.
Le choix était délicat compte tenu du lieu,
essentiel et symbolique pour la commune. L’appropriation
collective était indispensable.Le choix s’est
porté sur une série inspirée des séjours
d’Antoine en Afrique.Elle nous permettra de conforter
notre volonté de nous ouvrir à la nouveauté,
à l’inhabituel, aux Autres.
D’une certaine manière, elle nous aidera à
nous rappeler que nous sommes aussi, en plein Morvan, citoyens
et acteurs du monde et de son avenir ; que nous avons notre
mot à dire dans la globalisation qui ne doit pas écraser
les hommes.
Je ne doute pas que cette oeuvre offerte au regard de tous,
nous donnera l’inspiration pour agir.
Patrice Joly
maire d’Ouroux-en-Morvan
Vice-président du Conseil général de
la Nièvre
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LYCEE JEAN-JAURES LE CREUSOT
D’emblée, j’ai été
séduit par la proposition d’Antoine de Bary d’installer
dans les locaux où la communauté scolaire du
lycée exerce ses activités professionnelles,
des réalisations dont l’originalité et
la diversité pourront être appréciées.
Avec ce « Musée-Hors-Les-Murs », un nombre
important de profanes sera en effet, dans le cadre de son
travail journalier, confronté à la réalisation
artistique et aux questionnements qu’elle induit inconsciemment.
Ainsi, le hall d’entrée des ateliers de fabrications
mécaniques se voit habité par d’étranges
personnages, composés par l’artiste dont les
éléments, ironie du sort, sont originaires des
ateliers du Creusot.
La salle de restauration abrite des tableaux suggérant
une ambiance festive, propre à aiguiser les appétits
et les locaux administratifs dont on souligne parfois l’aspect
austère ont recueilli des réalisations qui matérialisent
la fertilité de l’imagination de l’auteur.
L’ouverture culturelle est un aspect important de la
formation des jeunes. L’adhésion du Lycée
Jean Jaurès à la démarche originale du
« Musée-Hors-Les-Murs » est un engagement
prometteur à poursuivre dans cette voie.
Joël Liaboeuf
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COMMUNAUTÉ
DE COMMUNES DE LA RÉGIONDE CHAGNY EN BOURGOGNE
Voyageur solitaire, Antoine de Bary a créé
et installé des oeuvres sur plusieurs continents, là-bas
des mâts et ici en Bourgogne la création d’un
« Musée-Hors-Les-Murs », c’est une
première non seulement dans notre région, mais
en France.
Il met ainsi à la disposition de tous un « héritage
» où l’art va à la rencontre du
public.
C’est une chance pour la Bourgogne. Pour notre région,
c’est un moyen d’affirmer notre vitalité
dans le secteur de la création, une communauté
de communes a des objectifs économiques, mais elle
peut et doit, comme nos compétences le permettent,
participer à l’enrichissement culturel pour tous.
Antoine de Bary parle le langage de notre temps, il a franchi
les murs de son atelier et mis ses oeuvres aux formes multiples
à la disposition de notre regard.
C’est une expérience authentique, laissons exprimer
nos sentiments émotionnels à travers les lieux
d’exposition.
Je crois en la générosité de l’art,
à la poétique de la peinture. Ce cadeau à
notre intention est un réconfort culturel.
Ces oeuvres font partie de notre patrimoine contemporain
et de l’aménagement culturel de notre territoire,
apportons notre pierre à la construction et à
la découverte de l’art vivant.J’ai proposé
aux délégués de la C.C.R.C.B. de s’associer
à la création de ce « Musée-Hors-Les-Murs
», ce don permet d’offrir à tous la possibilité
d’une rencontre avec l’art.
Ne manquons pas ce rendez-vous.
Patrice Chaplin
Président de la Communauté
de Communes de la Région
de Chagny en Bourgogne
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UNE
ARTOTHÈQUE À L’HÔPITAL DE MÂCON
Il y a aussi des murs, des frontières,
celles de l’intime qu’il faut respecter. Il y
aussi des portes, des ponts, des passages à créer
pour que la création puisse atteindre tous ceux qui
n’ont pas la chance ou l’opportunité d’apprendre
à voir, à comprendre le voir, avec les yeux
du coeur ».
J’ai lu ces phrases dans le document le «Musée-Hors-Les-Murs»,
une proposition du peintre et sculpteur, Antoine de Bary et
je leur ai trouvé une résonance avec ce qui
était proposé dans le cadre du jumelage Culture
à l’Hôpital, où des liens sont tissés
par delà les murs du Musée et de l’Hôpital.
L’association Art et Hôpital qui est le soutien
de ce jumelage veut créer une artothèque pour
les patients :À leur entrée en soins, ils pourront
seuls ou en famille, en relation avec les soignants, choisir
une oeuvre d’art originale qui sera installée,
gratuitement, dans leur chambre, le temps de leur hospitalisation.
Ce temps est souvent vécu par les patients comme une
période de dépendance. La plupart du temps,
les personnes hospitalisées se trouvent en situation
de vulnérabilité, aussi la présence artistique
peut constituer une échappatoire à leur souffrance
ou être un support pour exprimer leurs sentiments lorsque
les oeuvres d’art ont rapport avec ce qu’elles
vivent.
Ce projet souhaite aider à créer ou à
soutenir, dans l’espace de leur chambre, leur bien-être,
à conserver leur personnalité, à préserver
leur dignité. Le don de cinq peintures à l’huile
, «Le sourire du Tao», datées de 1993,
par Antoine de Bary au nom du Musée Hors Les Murs est
un acte important pour la constitution de cette artothèque.
Il s’accompagne d’un don commun entre les musées
et le Centre Hospitalier de Mâcon de trois peintures
de la série Écrits Fantômes.
L’une d’entre elles sera exposée dans les
collections permanentes, dans la salle d’art moderne
et contemporain au Musée des Ursulines et, par sa présence,
incitera le visiteur à aller découvrir sa «
jumelle » présentée à l’Hôpital.«
Les portes, les ponts, les passages » seront ainsi créés.
L'art détourne le patient, le visiteur ou le soignant,
temporairement de l’univers clos de l’Hôpital
ou du Musée pour une plus grande ouverture sur le monde
et pour l’aider à construire son intégrité.
Véronique
Gruel
Présidente de l’Association Art et Hôpital
Nane Tissot
Conservateur-adjointdes Musées de Mâcon
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HÔPITAL
DE CHAGNY
La boîte a capté un moment d’une
pratique. Un mouvement y a laissé sa trace.
Elle contient les objets et les effigies qui ont été
manipulés. Cela ressemble à un document ethnographique
ou un niveau archéologique en place. Le sentiment que
quelque chose s’est passé pousse celui qui regarde
à se sentir observé par l’oeuvre, dévisagé
par celui qui s’est mis lui-même en scène.
Peinture, photo d’identité ou ensemble d’objets,
l’autoportrait répond à la nécessité
de se présenter à nouveau à soi-même,
lorsqu’il s’agit de se concilier de nouvelles
alliances, parfois après une épreuve qu’il
contribue à clore.
Que l’on ait besoin de s’assurer de sa force,
que l’on se soit vu vieillir, que l’on ait coupé
un morceau de son oreille, retournant contre soi la violence
jaillie d’une faille incontrôlable, ou que, aventuré
aux confins dangereux du réel et de sa représentation,
l’on ait été, comme ici, sur le point
de s’ôter la vue, l’oeuvre a une fonction
thérapeutique. Mourir et renaître, passer au-delà
des apparences, ce que font le chamane, l’homme-médecine,
l’artiste, le chercheur, chacun en leurs temps et lieux,
est accessible aux autres sous la forme des pouvoirs attachés
aux objets rapportés du voyage, dans l’expérience
symbolique propre à chaque culture.
On ne peut comprendre, même avec l’aide des livres
qui nous donnent la signification des dizaines de noms inscrits
sur les pots et les tiroirs, le vrai sens des traitements
de l’ancienne médecine dont témoigne l’apothicairerie,
encore moins en mesurer les effets car nous ne la pratiquons
plus.
De même que l’alchimie a, par ses manipulations
répétées, découvert certains corps
et certaines techniques utiles aux débuts de la chimie,
alors que les objectifs poursuivis n’ont rien de commun,
de même reste-t-il dans la médecine et la pharmacie
d’aujourd’hui, des éléments issus
de la pratique des apothicaires et des anciens médecins
dont les constructions théoriques ont totalement disparu.
Mettre en relation l’apothicairerie, qui nous paraît
si accessible dans son apparence esthétique qu’on
la prendrait pour une oeuvre d’art, ce qui n’a
jamais été sa fonction, et l’autoportrait
d’Antoine de Bary, que l’on prendrait pour un
attirail d’apothicaire ou de guérisseur, permet
de reconnaître les inversions de sens induites par notre
vision commune des choses de l’art comme de celles de
la médecine. Se débarrasser des scories de la
pensée ordinaire lorsqu’il faut choisir entre
arrêter là ou poursuivre le chemin, c’est
la difficulté de toutes les recherches.
En alchimie, la «matière au noir», phase
de putréfaction, s’appelle «Tête
du corbeau». Elle est «lépreuse»,
il faut la blanchir «en la lavant sept fois dans les
eaux du Jourdain». Voici donc un exemple d’interaction
entre une oeuvre, un lieu et les regards qui s’y croisent.
Ces passages entre les mondes n’existent pas souvent
dans les musées. Il faut une situation propre à
chaque oeuvre.
La pratique effective du regard échangé entre
le spectateur et l’oeuvre est une des découvertes
de l’art contemporain. Elle n’est peut-être
qu’une redécouverte.
En tout cas elle ne peut que rarement se produire dans les
musées. C’est cette possibilité de rencontre
et d’expérience qu’offre le « Musée-Hors-Les-Murs
». Souhaitons que d’autres artistes viennent bientôt
rejoindre Antoine de Bary dans cette initiative.
F. Lotteau
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MAIRIE
DE CHAGNY
Une délégation de la commission
culturelle de la Mairie de Chagny s’est rendue au domicile
de M. de Bary sur son invitation le 6 décembre dernier.
Nous avons fait le tour d’une vie de production et d’imagination.
Dans une grange : bois brûlé, récup, vieilles
fenêtres, moules en bois de l’usine Schneider
tout est assemblé pour obtenir des oeuvres hétéroclites
certes mais très poétiques.Dans l’atelier,
ce sont les toiles, des centaines, immenses ou plus petites
tournées sagement contre le mur que l’on retourne
et découvre (sauf celles réservées à
ses filles).
Monsieur de Bary les commente. Nous avons aimé les
collages avec les pages du calendrier, toutes les pages…
ou les cartes postales d’amis toutes embellies par des
choses de la vie (timbres, tickets…)
Les thèmes : le temps qui passe, l’amitié,
les voyages et… le silence.
La Mairie a retenu trois tableaux dans le cadre du «
Musée-Hors-Les-Murs », ce sont trois rayons de
lumières imprimés dans l’oeil du peintre
au cours d’un voyage au Mali.
La Commission
culturelle
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ÉLAN
CHALON
Après avoir rencontré par hasard
l’artiste, séduits par son oeuvre et par son
projet de « Musée-Hors-Les-Murs », les
responsables de l’Élan Chalon, qui réfléchissaient
à un projet de décors et animation pour les
salons et le hall VIP, décidèrent d’inscrire
« Le Colisée » dans ce projet.
Nul doute que l’art contemporain que représente
si bien l’oeuvre d’Antoine de Bary, se mariera
parfaitement avec l’architecture originale du Colisée.
Toiles aux dimensions hors normes et sculptures étranges
feront l’admiration de tous les visiteurs et contribueront
au rapprochement du Sport, de l’Entreprise et de la
Culture.
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Le
point culminant d’un parcours
Il y a bien longtemps que j’observe,
que je suis les démarches d’Antoine de Bary,
peintre et sculpteur, loin des modes et des enthousiasmes
faciles.
Il peint, il sculpte : il expose beaucoup mais jamais là
où on l’attendrait. Peu dans les lieux officiels,
les Musées.
Il travaille avec la société dans laquelle nous
vivons : non pas sur mais avec.
Avec des gens, des salariés, des professeurs, des responsables
locaux.Avec les salariés immigrés qui ont fait
tourner les usines du Creusot il y a 20 ans, avec les élèves
des collèges, des lycées, des écoles,
dans le cadre d’une convention actuellement vivante
entre le CNDP et l’Association Visages que je préside.
L’Association est la structure qui permet ce passage,
cet échange permanent entre l’artiste et la société.
C’est un échange que l’on construit, ce
n’est pas seulement le fait de montrer des oeuvres.

Le « Musée-Hors-Les-Murs» est le point
culminant d’un parcours : les oeuvres sont vivantes
et donc elles doivent vivre dans différents lieux :
les écoles, les lieux publics, les prisons…
Alors que l’on entend souvent dire que « tout
est culture » (sociologie de bas étage) ou démagogie
les premières réalisations du « Musée-Hors-Les-Murs
» permettent de voir que seule une vraie oeuvre (une
toile, une sculpture…) produit un effet de transformation
du regard de ceux qui vivent avec.
C’est sensible dans les écoles : les élèves
découvrent et redécouvrent des tableaux, et
avec eux, le « travail » de l’artiste. Chaque
jour, ils peuvent le regarder différemment. Ils peuvent
aussi travailler à partir de ce tableau, comme les
élèves du Collège Louise Michel de Chagny
qui ont réfléchi sur la ville à partir
d’une toile d’Antoine de Bary.
Les enseignants en tirent des leçons intéressantes
; les élèves perçoivent et analysent
la différence entre les images multiples que nous offre
chaque jour la société médiatique (publicités,
télévision, films, magazines…) et des
vrais tableaux, des vraies sculptures.
C’est ainsi un vrai Musée, là où
vivent les gens, là où ils travaillent.
Mais sans concession : une oeuvre c’est du travail et
de la beauté.
Danielle Kaisergruber
Présidente de l’Association VISAGES
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Un défi
La proposition d’Antoine de Bary,
peintre et sculpteur, de nous faire penser à travers
le concept du « Musée-Hors-Les-Murs»,
révèle, s’il le fallait encore, le dedans
et le dehors de l’artiste.
De Bary sait vibrer, s’enthousiasmer, il sait se penser
et il a incontestablement une idée précise
de son dedans façonné par une histoire de
vie qui n’est pas banale : culture, voyages, curiosité
des problèmes de ce monde, perspicacité quant
aux frémissements de l’histoire.
Pour le dehors, Antoine de Bary aime les siens, ses amis,
mais il aime aussi qu’on l’aime et il veut faire
partager son expérience, son vécu, son savoir,
son art, d’où sa proposition d’un «Musée-Hors-Les-Murs».
Paradoxe qui traduit bien la pensée de de Bary :
faire connaître à tous, dans des lieux publics,
ce qui n’est généralement accessible
que dans les musées ou les galeries. Passer par-dessus
le dedans de l’institution pour aller vers un dehors,
vers un espace où tout un chacun aura une chance
de capter son travail, de s’interroger sur son oeuvre,
voire de se fâcher face au message proposé.
Faire vibrer le dedans et le dehors, c’est tout Antoine
de Bary, sa générosité et son souci
de communiquer et de partager. Le “ Musée-Hors-Les-Murs
”, un défi qui ne laissera personne indifférent.
Jacques Hainard
Conservateur du Musée d’ethnographie
de Neuchâtel
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Tous ces
articles sont tirés du journal "Dimanche Saône
et Loire", supplément spécial paru le 12
janvier 2003 |
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